DECLARATION DE PRINCIPES ALLIANCE BELGE – CONGRES du 14 septembre 2008 à BRUGES
1 – RENFORCEMENT DU NIVEAU FEDERAL ET RAPPROCHEMENT DES COMMUNAUTES ET DES REGIONS.
a) Circonscription électorale nationale.
b) Refédéralisation des compétences stratégiques d’intérêt national.
c) La stabilité, une valeur en soi.
2 –DECENTRALISATION PROVINCIALE ET AUTONOMIE COMMUNALE ACCRUE POUR RAMENER LA POLITIQUE A UN NIVEAU PLUS PROCHE DU CITOYEN.
3 – IMPORTANCE DE LA MONARCHIE BELGE.
4 – PROMOTION DU BILINGUISME INDIVIDUEL POUR TOUS LES BELGES.
5 – REPRESENTATION DE LA BELGIQUE AU NIVEAU INTERNATIONAL PAR UNE DELEGATION NATIONALE.
6 - PROMOTION DE L'OPTIMISME, DE LA TOLERANCE ET DE LA SOLIDARITE ENTRE LES BELGES.
a) La culture belge, riche dans la diversité.
b) Intégration - immigration.
7 – REGARD TOURNE VERS L'AVENIR ET APPRENTISSAGE DU RESPECT ET DU SENS DES RESPONSABILITES PAR NOS JEUNES.
a) Enseignement et sens civique.
b) Délinquance juvénile.
c) Service civil.
8 - TOUS LES BELGES EGAUX DEVANT LA LOI ET PROMOTION DE LA SOLIDARITE INTERPERSONNELLE
9 - LUTTE CONTRE LA PARTICRATIE.
a) Réduction de l’influence des partis sur le processus décisionnel politique.
b) Promotion d’un paysage politique ouvert par le biais de la diminution du financement public des partis.
c) Suppression du seuil d’éligibilité, car il est antidémocratique.
d) Limitation des coûts des campagnes électorales et accès égal aux médias.
e) Interdiction de constituer des cartels.
f) Disparition de la culture de cabinets, valorisation de l’administration.
10 - ECONOMIE ET ECOLOGIE MAIN DANS LA MAIN.
a) Environnement.
b) Agriculture.
c) Investissement dans les énergies durables.
d) Economie.
e) Mobilité.
1 - RENFORCEMENT DU NIVEAU FEDERAL ET RAPPROCHEMENT DES COMMUNAUTES ET DES REGIONS
Pour l’Alliance Belge, il est évident qu’il y a un besoin urgent de mesures et d’une politique visant à renforcer la cohésion sociale et la solidarité entre les Belges, et ce, par-delà les frontières linguistiques, les classes sociales, les sexes, les groupes d’âges, les convictions religieuses et philosophiques et les convictions politiques.
(a) Circonscription électorale nationale
L’Alliance Belge plaide en faveur de l’introduction d’une circonscription électorale nationale. Chaque électeur peut ainsi participer à l’élection de celui qui deviendra notre Premier ministre à tous et qui représentera la Belgique au plus haut niveau. Il s’agit là d’un droit démocratique de chaque citoyen. La circonscription électorale nationale oblige les partis ainsi que les hommes politiques à tenir compte de l’opinion publique de tout le pays. L’Alliance Belge espère que l’introduction d’une circonscription électorale nationale mènera à une modération des discours politiques et à un plus grand sens des responsabilités dans le chef des partis. Il est apparu clairement que la polarisation et la surenchère communautaire mènent à une impasse institutionnelle préjudiciable pour tout le pays et tous ses habitants, et tout ceci parce que les partis politiques ne doivent pas tenir compte de l’opinion publique de tout le pays.
(b) Refédéralisation des compétences stratégiques d’intérêt national
Pour l’Alliance Belge, il est clair que le gouvernement ne peut, à l’heure actuelle, jouer pleinement son rôle de coordination pour donner une image crédible et univoque de la Belgique à l’étranger. En outre, le niveau fédéral dispose de trop peu de moyens financiers pour l’exercice des compétences restées dans son giron.
Bien que le niveau fédéral soit à court d’argent, il assume seul la charge de la réduction de la dette publique. Celle-ci a diminué, ces dernières années, en termes de pourcentage, mais a augmenté en termes nominaux. L’Alliance Belge souhaite que la dette soit remboursée plus rapidement, car celle-ci absorbe énormément d’argent qui pourrait, par ailleurs, être investi dans notre économie.
Tout état fédéral doit veiller à maintenir un équilibre entre une nécessaire unité et la volonté d’exprimer les diversités régionales. Il convient de mettre fin au morcellement, au bras de fer politique, aux objectifs politiques antinomiques, à l’affaiblissement de notre position à l’étranger et à la perte de notre crédibilité en refédéralisant certaines compétences stratégiques.
Dans une économie mondialisée, les pays sont des systèmes politiquo-économiques qui doivent se concurrencer pour obtenir les faveurs des investisseurs. Pour ce faire, il convient de parler d’une seule et même voix et de présenter notre pays comme une seule entité à l’étranger. La Belgique et Bruxelles sont connues dans le monde entier, ce qui n’est pas le cas des régions flamande et wallonne. Le morcellement et la concurrence entre les entités fédérées affaiblissent considérablement la position concurrentielle de la Belgique fédérale.
- La coopération au développement
Dans tous les états fédéraux, la coopération au développement est une compétence du gouvernement national, notamment en raison de ses liens avec d’autres domaines politiques. En outre, les moyens pour la coopération au développement sont extrêmement limités. C’est pourquoi il convient d’unir les moyens en vue d’obtenir une masse critique suffisante pour pouvoir produire des effets. Le morcellement mène à un affaiblissement général de cette politique.
- La politique environnementale générale
La pollution ne connaît pas de frontières, fussent-elles linguistiques. C’est pourquoi la politique environnementale doit faire l’objet d’une politique nationale univoque coordonnée avec celle de nos pays voisins et de l’Union européenne. Ce ne sont pas uniquement la fixation et l’application des normes de bruit qui doivent faire l’objet d’une politique nationale, même si ce dossier a montré à quel point le morcellement pouvait être néfaste.
- L’infrastructure, la politique routière, la circulation et la mobilité
Pour l’Alliance Belge, les matières connexes à l’infrastructure (les communications, le réseau routier, les transports en commun, les ports et le trafic aérien) doivent faire l’objet, dans leur ensemble, d’une politique nationale, et ce, en raison de leur importance stratégique pour notre économie. Ces aspects infrastructurels sont, en outre, étroitement liés à d’autres matières politiques que l’Alliance Belge entend également maintenir ou remettre au niveau national. Les choix effectués en matière de mobilité auront ainsi un effet immédiat sur la qualité de notre environnement. Dans le domaine de la mobilité, nous connaissons des problèmes de circulation intense depuis et en direction de Bruxelles. Ces problèmes ne peuvent être résolus efficacement au niveau des régions.
- La recherche scientifique et la recherche
La recherche scientifique a un caractère international et mondial par excellence. Les chercheurs font partie de communautés scientifiques internationales, ils échangent des connaissances et des experts et ils participent à de grands projets de recherche, sans barrières linguistiques. Le morcellement des moyens financiers, déjà limités, pour les sciences et la recherche est dès lors à proscrire. Ce morcellement a notamment pour conséquence que toutes les disciplines scientifiques sont représentées dans le nord et dans le sud du pays. Une collaboration accrue entre les établissements de recherche, la spécialisation et le regroupement des fonds déboucheraient sur une plus grande masse critique et offriraient aux chercheurs belges de meilleures chances d’obtenir de bons résultats. Jouer un rôle moteur dans les sciences et la technologie est capital pour l’avenir de la Belgique en tant qu’économie de la connaissance.
- Le tourisme, la promotion du tourisme belge à l’étranger et le sport
L’Alliance Belge estime que la Belgique doit également parler d’une seule et même voix à l’étranger en matière de promotion du tourisme. Le tourisme est un secteur important qui offre de nombreuses possibilités d’emploi. Les touristes potentiels se contrefichent du découpage institutionnel de la Belgique. Ils connaissent bien la Belgique, il n’en va pas de même pour ses entités fédérées. Les personnes qui décident de visiter la Belgique ne se rendront pas uniquement à la côte, elles souhaiteront éventuellement également visiter les Ardennes. Les touristes désireux de visiter les villes d’art ne se limiteront pas à Gand et à Bruges, ils souhaiteront également visiter Bruxelles, Namur et Liège. Edifier des barrières artificielles ne peut être que contre-productif pour le secteur touristique dans son ensemble.
Cela vaut également pour le sport, certainement en ce qui concerne la politique de soutien au sport de haut niveau et aux sportifs d’élite. Le sport est naturellement une matière personnalisable, mais en aucun cas liée à la langue parlée. Une subdivision basée sur l’appartenance à une communauté linguistique est, par conséquent, néfaste. Les sportifs de haut niveau représentent la Belgique aux manifestations internationales et peuvent, en tant qu’ambassadeurs de notre pays, être un levier pour la renommée et la promotion de notre pays. La scission des fédérations sportives, l’offre de programmes d’entraînement et de formation distincts renforcent à nouveau le morcellement. Certaines fédérations sportives sont même contraintes de se scinder, tout simplement parce que cela convient mieux aux autorités accordant les subventions. Dans la plupart des pays, les institutions et la politique s’adaptent aux besoins des citoyens. Dans notre pays, c’est l’inverse. Cette scission n’est d’ailleurs pas dans l’intérêt du sportif. Chaque sportif doit bénéficier des mêmes possibilités de formation et d’entraînement, indépendamment de son domicile ou de sa ville d’origine.
(c) La stabilité, une valeur en soi
Pour être crédible, tout pays a besoin d’une stabilité institutionnelle et socio-économique suffisante. La stabilité est donc une valeur en soi, ce dont presque tous les pays sont conscients. La stabilité est une condition de base pour créer un climat favorable aux investissements. Les entreprises qui souhaitent s’implanter dans notre pays font des prévisions à long terme et veulent des interlocuteurs institutionnels fiables. Pour cette seule raison déjà, les pays ne peuvent se permettre de modifier trop souvent leur système institutionnel. L’Alliance Belge estime, dès lors, qu’une éventuelle nouvelle réforme de l’Etat doit être suivie d’une longue période de stabilité. L’Alliance Belge propose un pacte à tous les partis politiques démocratiques par lequel ils s’engagent à ne plus remettre en question l’appareil étatique, et ce, pendant une décennie. Un système institutionnel stable présentant quelques défauts vaut beaucoup mieux qu’un système instable, certainement lorsqu’il n’y a aucune garantie que ces dysfonctionnements peuvent bel et bien être corrigés, ce qui n’a presque jamais été le cas des réformes en Belgique, notamment parce que ces réformes ont été le fruit de marchandages politiques au cours de négociations marathoniennes nocturnes et n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque évaluation quant à leur efficacité.
- L’introduction d’un référendum confirmatif
Pour l’Alliance Belge, la Constitution est une convention entre la population et ses institutions. Elle comprend les règles de base pour vivre ensemble de manière démocratique et fixe des limites au pouvoir. La Constitution ne saurait être un jouet aux mains des hommes politiques et des partis.
L’Alliance Belge propose, dès lors, un nouvel instrument, le référendum confirmatif, à l’instar de l’Italie où il est déjà instauré. Concrètement, cela signifie que toute révision de la Constitution doit, après approbation par le Parlement, être avalisée par un référendum populaire avant d’entrer en vigueur. Si la population rejette la révision proposée, le monde politique doit revoir sa copie!
- Le droit de vote plutôt que l’obligation de vote
L’Alliance Belge plaide en faveur de la suppression de l’obligation de vote et de son remplacement par le droit de vote, à l’instar de la plupart des démocraties occidentales. Elle s’attend à ce que cela ait un effet modérateur et que cela débouche sur une politique plus responsable et davantage au service des citoyens. A l’heure actuelle, la lutte visant à s’attirer les faveurs des électeurs apolitiques, voire antipolitiques, déforme bien trop le discours politique parce que ces électeurs se laissent plus facilement convaincre par la rhétorique verbale et la démagogie que par de véritables arguments. Cela ne signifie en rien que le vote antipolitique ne peut ou ne doit pas jouer un rôle. Dans tous les pays ayant instauré le droit de vote, le taux d’électeurs ayant voté constitue une indication importante quant à la crédibilité du monde politique. Un taux élevé d’absentéisme indique qu’un fossé s’est créé entre le monde politique et le citoyen et incite les partis à mettre tout en œuvre pour combler ce fossé.
En ce qui concerne le référendum confirmatif des révisions de la Constitution, l’Alliance Belge est, en revanche, favorable au maintien de l’obligation de vote en raison du caractère fondamental de la Constitution.
- Une radiotélévision nationale
L’existence d’une opinion politique et culturelle qui transcende les régions linguistiques est d’une importance capitale pour l’avenir de la Belgique. Celle-ci ne peut émerger que s’il y a un débat qui transcende les frontières linguistiques.
La création d’une radiotélévision nationale est l’instrument idéal pour ce faire. L’Alliance Belge estime qu’une telle radiotélévision peut naître de la collaboration entre les radiotélévisions publiques flamande et francophone. Cette chaîne nationale devrait proposer des programmes culturels et politiques, en partie bilingues, un bulletin d’informations commun, elle devrait également diffuser ou rediffuser des séries et programmes des chaînes publiques flamande et francophone. La radiodiffusion doit, quant à elle, faire une plus large place à la musique populaire en néerlandais, français et allemand.
- Une coopération culturelle
Il doit y avoir un accord de coopération culturelle entre le niveau de pouvoir central belge et les Communautés flamande, française et germanophone. Cette coopération doit être axée entre autres sur la collaboration, la résolution des points de dissension, la promotion de la connaissance de la vie culturelle dans les autres régions et du contact avec la culture des autres régions, les programmes d’échange. Il est généralement d’usage, dans le secteur socioculturel, d’entretenir de bonnes relations avec nos pays voisins, ce n’est pas toujours le cas avec les autres communautés linguistiques, alors que toutes les communautés linguistiques de notre pays sont confrontées aux mêmes problématiques (encadrement des jeunes, aide aux migrants, formation socioculturelle) et pourraient apprendre beaucoup les unes des autres.
- Une politique culturelle nationale
Il convient également d’avoir une politique culturelle nationale forte pour la culture non liée à la langue (les arts plastiques, l’architecture, la mode et le design, …). Certes, certains accents découlent des différences linguistiques, mais il a aussi toujours été question d’une culture belge. Victor Horta par exemple ou le mouvement Cobra avec Hugo Claus est surtout considéré dans notre pays comme un phénomène belge. Citons enfin le surréalisme de René Magritte et de Paul Delvaux.
La politique culturelle belge doit être essentiellement axée sur le rayonnement culturel de la Belgique à l’étranger et le renforcement de l’image culturelle de la Belgique. Ceci concerne également la mode belge, notre gastronomie et nos produits du terroir. Il est injuste de considérer de nombreux grands artistes belges comme Brel, Maeterlinck et Ensor, uniquement comme des artistes flamands ou belges francophones. Les artistes ne se définissent pas selon le hasard de leur lieu de naissance ou de leur langue maternelle, mais bien selon l’espace culturel dans lequel ils évoluaient.
- La promotion du multilinguisme actif
La coexistence de trois grandes régions linguistiques dans notre pays offre à la Belgique, en comparaison avec les autres pays, d’énormes possibilités que nous n’utilisons pratiquement pas. Nous devons saisir ces opportunités et les exploiter pleinement (voir point 4 du programme).
2 – DECENTRALISATION PROVINCIALE ET AUTONOMIE COMMUNALE ACCRUE POUR RAMENER LA POLITIQUE A UN NIVEAU PLUS PROCHE DU CITOYEN.
L’Alliance Belge plaide en faveur d’une politique la plus proche possible du citoyen. Pour ce faire, nous tenons compte des spécificités provinciales. Le gouvernement national définit les lignes globales de la politique. Dans ce cadre politique global, des provinces « fortes » disposent d’une marge de manœuvre suffisante pour tenir compte de la réalité locale, par exemple, dans le domaine de l’aménagement du territoire, de la mobilité régionale, de la politique d’activation des chômeurs, de l’accueil des enfants et des structures pour personnes âgées.
Un cadre politique au niveau national avec une décentralisation administrative au niveau provincial doit permettre de ramener le pouvoir plus près du citoyen. L’idée que nous défendons est donc plus proche du fédéralisme que du système fédéral bipolaire que nous connaissons, à l’heure actuelle, en Belgique. Dans le système actuel, les entités fédérées tentent d’accaparer le plus de pouvoir possible en vue de surpasser en importance le niveau de pouvoir central et se comportent donc de fait de manière centralisatrice.
La décentralisation provinciale peut permettre de faire des économies considérables au niveau des régions et des communautés, étant donné que les conseils provinciaux et les administrations provinciales ont une longue tradition administrative. L’Alliance Belge propose également une revalorisation des chefs-lieux de province en y établissant des cités administratives qui, d’une part, constitueraient une solution aux problèmes de mobilité et de pollution atmosphérique, et d’autre part, induiraient un gain de temps considérable pour de nombreux navetteurs.
3 – IMPORTANCE DE LA MONARCHIE BELGE.
L'Alliance Belge reconnait et apprécie le rôle que joue la Maison royale belge. La Monarchie a joué, très certainement dans l'après-guerre, un rôle prépondérant en tant que facteur de stabilité, de sens des responsabilités sociales et de dialogue entre tous les Belges par-delà les frontières. Bien des crises politiques ont été surmontées grâce à l'influence sage et discrète de Laeken. L'Alliance Belge entend, dès lors, conserver ce facteur unique et lui donner ses chances. La possibilité pour la Monarchie de jouer un rôle politique neutre, aux moments prescrits par la Constitution, et ce, dans l’intérêt de tous les Belges, doit rester de mise.
Le Maison royale doit également pouvoir continuer à jouer son rôle dans les relations diplomatiques et lors de missions commerciales à l'étranger. Pour l’étranger également, la Monarchie représente un facteur reconnaissable de stabilité.
(voir la rubrique « Monarchie » sur notre site Web)
4 – PROMOTION DU BILINGUISME INDIVIDUEL POUR TOUS LES BELGES.
La maîtrise de plusieurs langues est un enrichissement personnel. C’est pourquoi l’Alliance Belge souhaite promouvoir le multilinguisme individuel. La Belgique étant un pays multilingue, cela ne peut que nous être d’un grand secours.
De notre point de vue, notre pays semble être un cas particulier auquel seule la Suisse, où l’on parle allemand, français et italien, peut être plus au moins comparée. En effet, si nous considérons tous nos pays voisins (le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne et la France), ceux-ci ont tous une langue dominante forte et possèdent quelques minorités linguistiques relativement faibles telles que les Gallois, les Bretons ou les Frisons.
Cela ne fait pas pour autant de notre pays une exception, étant donné que la plupart des pays d’Europe sont multilingues. La situation linguistique dans ces pays est souvent bien plus complexe que chez nous, compte tenu du nombre plus important de langues en jeu et/ou du fait que les régions linguistiques sont encore beaucoup plus difficiles à délimiter ! Ainsi, pratiquement tous les pays d’Europe de l’Est sont, d’un point de vue linguistique, de véritables mosaïques linguistiques bigarrées.
Dans tous ces pays, il est nécessaire d’établir des règles en matière d’emploi des langues. Il convient ainsi de définir les langues qui peuvent ou doivent être utilisées dans certaines situations et par certaines instances. Il convient parfois de définir des territoires et d’accorder des droits aux minorités linguistiques.
La coexistence de trois langues différentes dans notre pays constitue à la fois une chance et un défi. L’allemand, le français mais également le néerlandais font partie des langues les plus importantes d’Europe. Le français nous permet d’ouvrir des portes jusqu’à la mer Méditerranée, plus particulièrement jusqu’à l’Afrique francophone. L’allemand est la langue de notre plus important partenaire commercial et une importante lingua franca en Europe de l’Est. Cet atout, que nous envient d’autres pays européens, nous offre une « chance unique » dans un monde globalisé et une Europe unifiée. Il est par ailleurs prouvé que le multilinguisme actif donne une plus grande sensibilité aux différences culturelles et permet donc de mieux répondre aux caractéristiques locales des marchés étrangers.
Au lieu d’exploiter ces atouts, nous les ignorons. La Communauté flamande reste généralement méfiante par rapport au français, qui fut longtemps la langue dominante. La Communauté française continue encore à nourrir l’illusion que le français est toujours la langue internationale permettant de sillonner le monde, ce qui explique pourquoi les Belges francophones parlent si peu de langues étrangères. Crispation linguistique d’un côté et politique à courte vue de l’autre sont mauvaises conseillères. L’Alliance Belge veut mettre fin à cette situation.
L’Alliance Belge est, bien entendu, partisane du maintien et de l’affinement de la législation linguistique dans notre pays. Celle-ci confère aux utilisateurs des droits fondamentaux et protège les régions linguistiques contre l’ingérence et la dominance impérialiste d’une autre région. La législation linguistique ne peut toutefois pas être un obstacle à la compréhension et à l’emploi d’une autre langue. Il convient donc de trouver un nouvel équilibre dans la loi entre le principe de territorialité (ius soli, droit du sol) et les droits linguistiques des individus (ius gentium, droit des gens).
L’Alliance Belge souhaite surtout que l’on accorde plus d’attention à l’enseignement des langues étrangères. Il apparaît de plus en plus clairement que le multilinguisme offre de nombreux avantages, les individus multilingues sont plus sensibles aux différences culturelles et aux nuances et sont, en outre, plus sociables et plus tolérants. Les sociétés multilingues sont donc mieux à même de conquérir des marchés étrangers. Il convient donc d’exploiter pleinement cet atout. L’apprentissage des trois langues nationales doit donc avoir une place prépondérante dans l’enseignement, dans le but de parvenir à ce qu’un maximum de nos compatriotes maîtrisent bien nos langues nationales (le français, le néerlandais et dans la mesure du possible, l’allemand). Il va de soi qu’il convient également d’accorder une grande importante à l’apprentissage d’autres langues européennes. L’Alliance Belge souhaite un enseignement des langues plus poussé et de meilleure qualité et ce faisant, souscrit à un des principaux objectifs de l’Union européenne.
L’Alliance Belge souhaite que nos jeunes puissent acquérir des langues étrangères dès le plus jeune âge. Il ressort d’études scientifiques qu’il est inexact d’affirmer que l’apprentissage de langues étrangères ne peut se faire qu’après avoir acquis une bonne connaissance de sa langue maternelle. Il apparaît de plus en plus que l’acquisition précoce d’une deuxième et d’une troisième langue favorise également la maîtrise de la première langue ! L’Alliance Belge plaide en faveur de l’apprentissage précoce et obligatoire de l’autre grande langue nationale, tant en Flandre qu’en Belgique francophone, et ce, par le biais de l’enseignement d’une série de matières dans l’autre grande langue nationale et plus uniquement par le biais d’un cours de langue séparé. Il ressort de toutes les études que ce système offre de nombreux avantages et ne préjudicie en rien l’acquisition de connaissances dans d’autres matières.
La coexistence de trois grandes régions linguistiques offre à la Belgique des possibilités énormes que nous n’exploitons pratiquement pas. L’enseignement de nos langues nationales pourrait être dispensé par des locuteurs natifs et les échanges entre les écoles devraient pouvoir s’intensifier. Dans le domaine de l’enseignement des langues, une coopération intensive entre les communautés linguistiques nous semble être une évidence. L’autorité centrale devrait, dans ce cadre, jouer un rôle important de pilotage.
Outre l’enseignement régulier, il convient également d’investir davantage dans l’enseignement de nos langues nationales par le biais de l’auto-apprentissage, de l’enseignement à distance et de l’offre de formations linguistiques au sein de nos entreprises.
Il est évident qu’une meilleure connaissance des langues des autres communautés linguistiques favorisera les contacts par-delà les frontières linguistiques et l’émergence d’une opinion publique nationale et mènera à une plus grande compréhension de l’autre et à de plus grandes affinités avec l’autre.
5 – REPRESENTATION DE LA BELGIQUE AU NIVEAU INTERNATIONAL PAR UNE DELEGATION NATIONALE.
Il est inconcevable qu’un pays, certes petit, mais d’envergure internationale comme la Belgique ne soit pas capable de se profiler à l’étranger comme une seule et même entité. La Belgique est une marque de fabrique qui percera plus rapidement et plus efficacement à l’étranger si nous ne nous présentons pas en ordre dispersé. L’Alliance Belge demande dès lors de refédéraliser d’urgence les Affaires étrangères, l’Economie, le Sport et le Tourisme. En ce qui concerne la Culture, l’Alliance Belge voit d’un bon œil une approche provinciale.
6 - PROMOTION DE L'OPTIMISME, DE LA TOLERANCE ET DE LA SOLIDARITE ENTRE LES BELGES.
Depuis 1830, nous, Belges, prouvons notre force. La Belgique est un des pays les plus prospères au monde. Les Belges sont de tous temps des optimistes et des bons vivants. Nos pays voisins considèrent, non sans raison d’ailleurs, avec un brin de jalousie, la Belgique comme un pays de cocagne, un pays où il fait bon vivre.
Notre multilinguisme nous offre une vision large sur l’Europe et le monde. Les Belges sont accueillis partout avec plaisir comme des citoyens du monde. Nous pouvons penser et parler librement, parce que la Belgique est un pays libre avec des gens libres. C’est aussi cela notre culture belge!
La culture Belge, riche dans la diversité.
Les Belges, au cours de leur histoire précédant l’indépendance de 1830, ont été, tour à tour, gouvernés par les Bourguignons, les Espagnols, les Autrichiens, les Français et les Hollandais. La plupart de ces influences culturelles se retrouvent, dès lors, dans l’architecture de nos villes belges. La richesse dont sont porteuses des villes comme Bruxelles, Bruges, Anvers, Tournai, Liège, Gand, Namur… est également due à ces diverses influences européennes.
L’Alliance Belge en déduit que c’est précisément ce que le monde considère comme unique qui fait toute la particularité belge, autrement dit, c’est la présence de toutes ces cultures européennes qui fait de la Belgique le berceau de l’Europe. Ce n’est pas l’étroitesse d’esprit et le repli sur soi qui ont permis à notre pays d’acquérir sa grandeur, mais bien sa curiosité et son ouverture d’esprit.
Intégration - immigration.
L’Alliance Belge incite, dans un premier temps, au traitement rapide et correct des dossiers de demande d’asile. En laissant traîner ces dossiers trop longtemps, nous nous rendons coresponsables et agissons de manière avilissante.
Notre société est basée sur le respect de l’individu et de l’autre, la reconnaissance des droits de l’Homme, l’égalité entre les femmes et les hommes et la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
L’Alliance Belge ne saurait tolérer que ce climat de droit, de liberté et de tolérance soit menacé par l’importation d’idées extrémistes ! Tous ceux qui ne peuvent faire preuve de tolérance au sein de notre société n’ont pas leur place en Belgique. L’Alliance Belge est un parti tolérant qui n’est intolérant que face à l’intolérance même !
C’est pourquoi l’Alliance Belge opte pour une société tolérante et solidaire dans laquelle tous les citoyens peuvent vivre leurs spécificités et leur liberté dans le respect des spécificités et de la liberté d’autrui.
7 - REGARD TOURNE VERS L'AVENIR ET APPRENTISSAGE DU RESPECT ET DU SENS DES RESPONSABILITES PAR NOS JEUNES.
a) Enseignement et sens civique.
L’Alliance Belge souhaite un enseignement de qualité qui ne s’attache pas uniquement au transfert de connaissances et de compétences pratiques ou au développement cognitif des enfants, mais aussi au processus de socialisation des enfants et des jeunes, et ce, en vue d’en faire des citoyens responsables évoluant dans une société démocratique et ouverte. L’acquisition d’un sens civique doit constituer une dimension importante de notre enseignement.
L’Alliance Belge part du principe que chaque réseau scolaire doit pouvoir, dans le respect de limites et de normes de qualité générales, réaliser son propre projet pédagogique, sans que cela ne mène toutefois à l’exclusion.
L’Alliance Belge attache également beaucoup d’importance à l’enseignement de promotion sociale, autrement dit, à l’éducation de base. Les adultes défavorisés, qui pour une raison ou une autre, n’ont pas bénéficié d’une formation suffisante, doivent toujours avoir la possibilité de combler leur retard. En outre, l’enseignement de promotion sociale doit contribuer à l’apprentissage permanent, un atout majeur dans une société de la connaissance moderne aux évolutions techniques et technologiques rapides.
L’Alliance Belge estime qu’un enseignement de qualité passe irrémédiablement par une revalorisation du corps enseignant, tant en termes pécuniaires qu’en termes de considération. Enfin, l’Alliance Belge souligne l’importance de la coopération entre les communautés linguistiques de notre pays, par exemple, par le biais de projets d’échange d’enseignants et d’étudiants.
b) Délinquance juvénile.
L’Alliance Belge veut mettre un terme à la loi sur la protection de la jeunesse de 1965 qui s’avère dépassée et trop laxiste et plaide en faveur d’un réel droit de sanction de la jeunesse comme cela existe dans d’autres pays européens. Outre l’élargissement de la capacité des institutions communautaires, la Justice doit également prévoir des centres fermés pour jeunes délinquants graves, voire des prisons pour jeunes. Une réduction des peines infligées est possible par le biais de stages disciplinaires. Le juge de la jeunesse décide, au cas par cas, la manière la plus adaptée d’accompagner le jeune.
L’Alliance Belge est consciente du fait qu’une approche répressive seule n’est jamais suffisante. C’est pourquoi, nous mettons l’accent sur les aspects sociaux, le civisme et la cohésion sociale comme facteurs de formation sociale et d’enseignement. L’enseignement doit lui aussi contribuer au développement de la cohésion sociale. Le respect de nos concitoyens commence, selon l’Alliance Belge, par le respect de nos institutions démocratiques.
c) Service civil.
La défense est et demeure un département dans lequel il convient d’investir tant pour la défense de notre pays que dans le cadre de la participation à des missions de paix internationales. L’Alliance Belge plaide, dès lors, en faveur de la réintroduction d’un service militaire ou d’un service civil sur une base volontaire. Ce service militaire d’une durée de six mois peut se faire dans l’autre langue nationale et peut être prolongé par le jeune sur une base volontaire.
Le service militaire et le service civil doivent être des outils permettant de renforcer le sens civique et la responsabilisation sociale des jeunes.
8 - TOUS LES BELGES EGAUX DEVANT LA LOI ET PROMOTION DE LA SOLIDARITE INTERPERSONNELLE.
La politique est au service de la population et pas l’inverse. L’Alliance Belge déplore vivement le fait que les Belges au nord ou au sud de la frontière linguistique ne jouissent pas des mêmes droits et devoirs. L’Alliance Belge affirme clairement que la solidarité n’est possible que lorsqu’il y a égalité de traitement. Elle opte, dès lors, pour une égalité de traitement et la solidarité. Les conditions nécessaires pour ce faire sont la transparence, une sécurité sociale identique, des soins de santé et une politique de bien-être, dont les règles sont appliquées de la même manière dans tout le pays. A l’heure actuelle, fleurissent nombre de dispositions et d’arrêtés royaux qui vont à l’encontre du principe d’égalité tel qu’il est inscrit dans la Constitution.
9 - LUTTE CONTRE LA PARTICRATIE.
Dans une démocratie, les partis politiques jouent un rôle indispensable. Ils rassemblent des personnes partageant une même vision de la société. Ces visions peuvent ensuite se mesurer les unes aux autres sur une scène politique ouverte et tenter, par le biais des élections, de rallier le plus grand nombre possible de citoyens à leur cause. Une démocratie sur la base d’un pluripartisme offre les meilleures garanties pour la libre formation des opinions et pour une interaction dynamique entre la politique et les autres acteurs de la société (la vie économique, les groupes d’intérêts, les citoyens, etc).
Cependant, le pouvoir des partis politiques doit être limité. On assiste, en effet, à une perte de dynamisme et à un étiolement de la politique lorsque les partis ont trop de pouvoir et d’influence. Cela mène à la particratie, un système qui est totalement dominé par les partis établis (répartition des mandats, copinage et politisation des nominations, entreprises publiques marquées politiquement). Les particraties sont néfastes à une société critique et ouverte et à une gouvernance efficace. L’inféodation totale aux détenteurs du pouvoir et aux patrons est préférée aux compétences individuelles et à l’esprit critique, ce qui donne naissance à des autorités publiques mal gérées et inefficaces qui se laissent parfois aller à la corruption et à l’abus de pouvoir.
En Belgique, ce sont les bureaux de partis non élus qui détiennent le véritable pouvoir et non les représentants élus par le peuple. Ces bureaux de partis considèrent leurs échevins et bourgmestres, voire leurs ministres, comme des représentants du parti. C’est à ces bureaux de partis que les élus doivent rendre des comptes, davantage qu’à leurs électeurs.
La fédéralisation a encore accru l’influence et le pouvoir des partis politiques. Les scissions ont mené à une multiplication des parlements, gouvernements, ministères, cabinets, … En un mot, à une multiplication des mandats. Le morcellement, l’opacité du système et les conflits d’intérêts ont abouti à une organisation plus onéreuse et moins efficace, seuls les partis politiques établis y ont gagné au change. L’Alliance Belge plaide en faveur d’une société ouverte et empreinte de transparence dans laquelle l’intérêt général prime les intérêts des partis.
a) Réduction de l’influence des partis sur le processus décisionnel politique.
L'influence des bureaux de partis dans le processus décisionnel doit être drastiquement réduite. En dehors des périodes électorales, l’accent doit être mis sur les groupes parlementaires. Les règles de notre système démocratique doivent être affinées de telle manière que les rapports entre le gouvernement, en tant que pouvoir exécutif, et le Parlement, en tant que pouvoir législatif et pouvoir de contrôle, soient troublés le moins possible par les partis politiques ou d’autres pouvoirs.
b) Promotion d’un paysage politique ouvert par le biais de la diminution du financement public des partis.
Le marché des idées politiques doit être un marché libre dans lequel de nouveaux partis peuvent concurrencer librement les partis existants. Le système de financement public des partis assorti du seuil d’éligibilité fait en sorte que les nouveaux partis n’ont que très peu accès à l’opinion publique, ce qui s’avère être un obstacle insurmontable qui les exclut de toute représentation politique. Etant donné qu’ils ne peuvent compter que sur les cotisations de leurs membres et sur des donations limitées et qu’ils n’ont pas droit au financement public, les nouvelles formations politiques ne peuvent jamais rivaliser avec les partis établis lors des élections. Les mêmes partis demeurent ainsi toujours au pouvoir.
c) Suppression du seuil d’éligibilité, car il est antidémocratique.
d) Limitation des coûts des campagnes électorales et accès égal aux médias.
Des mesures strictes de limitation des coûts empêchant les partis de dépenser des fortunes en imprimés publicitaires, études d’image, etc, favorisent un paysage politique ouvert. A l’heure actuelle, le succès des partis dépend plus de leurs moyens financiers, de la formulation de bons slogans électoraux et de la découverte de visages « attrape-voix » que du contenu de leur message politique. L’Alliance Belge souhaite que les partis mènent campagne parmi les citoyens et non par l’entremise d’agences publicitaires et des médias de masse, ce qui leur permettrait d’être à nouveau plus au contact de la population et mieux informés des besoins et des aspirations des citoyens. En période électorale, tous les partis, qu’ils soient représentés ou non au Parlement, ont le droit à un accès juste et égal aux médias. Il appartient à la télévision publique de garantir un tel accès. L’électeur a le droit de connaître tous les programmes et toutes les idées. Ce n’est que de cette manière que les électeurs peuvent faire un choix, en connaissance de cause, également pour des partis qu’ils ne connaissaient pas auparavant.
e) Interdiction de constituer des cartels.
En Belgique, la formation de cartels entre entreprises n’est pas tolérée, étant donné que cela fausse la libre concurrence et est néfaste pour le consommateur. En politique également, la formation de cartels fausse la concurrence. Les cartels sèment encore plus la confusion dans l’esprit des électeurs.
• Les petits partis qui sont juste en dessous ou juste au-dessus du seuil d’éligibilité profitent des plus grands partis et peuvent, de cette manière, prétendre au financement public de leur parti. Ils prennent des décisions politiques et défendent des idées sans avoir été démocratiquement légitimés par l’électeur.
• Le choix de l’électeur est détourné. L’électeur donne sa voix à une liste, tandis que celle-ci couvre deux programmes.
• Ces accords de cartel permettent à de petits partis radicaux de mettre leur allié sous pression, voire de le faire chanter. Leur influence sur le processus décisionnel est excessive et démesurée par rapport à leur nombre d’électeurs.
• Les accords de cartel présentent également des avantages qui faussent la concurrence pour les grands partis. Ils obtiennent ainsi plus de sièges restants.
• La démocratie dans son ensemble doit payer un lourd tribut pour ces avantages accordés à quelques partis, car ils mènent à l’impossibilité de gérer nos institutions comme l’ont démontré les dernières élections législatives.
L’Alliance Belge est donc opposée à la formation de cartels, étant donné qu’elle s’insurge contre la distorsion de concurrence au niveau politique. L’Alliance Belge souhaite, dès lors, limiter les possibilités de former des cartels et durcir drastiquement les règles en matière d’accords pré-électoraux.
Les éléments d’un tel renforcement sont les suivants :
• les partis doivent se présenter aux électeurs sous un seul nom, un seul symbole et un seul programme électoral;
• tous les élus d’une liste forment un seul groupe parlementaire. Ce groupe parlementaire fait ensuite partie intégrante de la majorité ou de l’opposition. Les élus en conflit avec le parti ou le groupe parlementaire pour lequel ils ont été élus, doivent remettre leur mandat à la disposition de leur parti. Ils ont, en effet, été élus par les électeurs en tant que représentants d’une liste défendant un programme électoral bien précis. Il convient de tenir les promesses faites aux électeurs !
f) Disparition de la culture de cabinets, valorisation de l’administration
En Belgique, chaque ministre dispose d’un cabinet considérable. Ces cabinets sont généralement composés d’amis politiques ou de membres du même parti qui sont rarement critiques par rapport à la politique menée, à leur ministre et au parti auquel ils appartiennent. La politique se fait aussi essentiellement au sein des cabinets. Les ministères et les fonctionnaires relevant des compétences du ministre sont, dès lors, dégradés au rang de simples exécutants de la politique décidée. La culture de cabinets mène également à un manque de continuité. Lors de son entrée en fonction, un ministre ne trouve généralement que des bureaux et des armoires à archives vides, sauf s’il se succède à lui-même ou s’il succède à un ministre du même parti. Dans d’autres pays, la politique est préparée par les ministères et les départements ministériels en collaboration avec l’élu politique, ce qui permet de garantir une certaine continuité, une certaine transparence et la compétence professionnelle des collaborateurs. Les cabinets coûtent, en outre, très cher, certainement dans un pays comme la Belgique qui compte 6 gouvernements.
L’Alliance Belge entend réduire sensiblement les coûts de la politique : une meilleure politique en faisant moins de politique.
Ces propositions de l’Alliance Belge entrent dans le cadre plus large d’une nouvelle culture politique dans laquelle le citoyen et l’intérêt général occupent une place centrale. L’Alliance Belge veut une politique responsable et au service du citoyen.
10 - ECONOMIE ET ECOLOGIE MAIN DANS LA MAIN.
a) Environnement.
La pollution atmosphérique fait chaque année plus de victimes que les accidents de la route. L’Alliance Belge entend, dès lors, œuvrer à l’amélioration de la qualité de l’air, et ce, par l’octroi de primes pour l’installation de filtres à particules diesel permettant de diminuer les émissions de particules fines. Les sociétés de transports en commun doivent donner le bon exemple en la matière. L’utilisation de véhicules plus écologiques doit être récompensée par une réduction de la taxe de circulation. La pollution atmosphérique ne se limite pas au plein air. C’est pourquoi l’Alliance Belge entend promouvoir l’utilisation de matériaux de construction écologiques et la recherche scientifique dans ce domaine. L’Alliance Belge soutient également les études européennes visant à mettre au jour les effets néfastes des produits chimiques sur la santé.
Les Belges recyclent déjà la plupart de leurs déchets. L’Alliance Belge entend cependant encore réduire la quantité totale de déchets de manière à pouvoir diminuer le nombre de décharges et à moins incinérer. Cette politique peut être menée à bien comme suit:
Une politique de prévention poussée: sensibilisation, rôle exemplaire des autorités en la matière. Accroissement de la responsabilité des producteurs en matière de collecte et de traitement des déchets qu’ils produisent. Nous les encourageons ainsi à réduire les déchets produits. Le traitement des déchets restants doit se faire de la manière la plus écologique possible: il convient d’arrêter le stockage des déchets et d’opter pour des techniques de traitement plus écologiques telles que la décomposition et la fermentation. L’assainissement des sols pollués est également indispensable.
L’Alliance Belge défend une politique environnementale sans tracasseries. L’effet de diverses écotaxes et taxes environnementales est incertain et il s’agit la plupart du temps d’augmentations de l’impôt déguisées. Nous pouvons stimuler de manière rationnelle une consommation énergétique durable par le biais de mesures fiscales telles que la réduction de la TVA pour des produits écologiques.
b) Agriculture.
L’Alliance Belge considère l’agriculture comme un secteur stratégique dont le savoir-faire et la connaissance ne peuvent se perdre. Dans le cas contraire, nous serions complètement dépendants de l’étranger pour notre production alimentaire. Une nourriture saine et de qualité sans pesticides, antibiotiques ou hormones, des revenus justes pour les agriculteurs et un équilibre durable entre l’agriculture, l’environnement et le bien-être animal: voilà la politique agricole que nous défendons.
Il convient également de stimuler une production respectueuse de l’environnement et du bien-être animal, en conformité avec la législation européenne. Il convient d’établir des mesures de soutien pour les entreprises agricoles qui font concorder leur production avec les guides sectoriels.
Le développement et la croissance de l’agriculture: les entreprises d’élevage qui souhaitent s’agrandir doivent en avoir la possibilité économique, sans toutefois accroître la pression environnementale. Dans les régions « riches en lisier », la production supplémentaire de lisier devrait être éliminée par le traitement du lisier.
Une refédéralisation de l’environnement et de l’agriculture. Les cultures sont plus nombreuses dans le sud du pays. L’utilisation d’engrais chimiques s’avère nécessaire pour la bonne croissance de ces cultures et l’abondance des récoltes. Il est, dès lors, totalement absurde de devoir traiter l’excédent de lisier dans les régions « riches en lisier », alors que le sud du pays est demandeur de ces engrais. Les deux parties y gagneraient un avantage économique s’il était possible d’écouler ces engrais dans le sud du pays. Il est également urgent de réinstituer un seul promoteur national de l’agriculture belge.
c) Investissement dans les énergies durables.
Les activités humaines ont une influence sur le climat. L’effet de serre provoque une augmentation des précipitations, des inondations et des pics d’ozone en périodes estivales. Il est donc nécessaire, mais aussi opportun, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme le prévoit les accords de Kyoto. Une politique climatique radicale mènera non seulement à un environnement plus sain, mais permettra également la création de nouveaux emplois et la réduction de notre facture énergétique. L’Alliance Belge opte pour une politique énergétique qui combine les sources d’énergies durables et les économies d’énergie. L’Alliance Belge entend couvrir jusqu’à un quart de nos besoins énergétiques par des énergies renouvelables (énergie éolienne, énergie solaire, énergie hydraulique, biomasse). Pour ce faire, il convient de stimuler la recherche et le développement de nouvelles sources d’énergies durables. En Belgique, nous disposons encore d’énormément de place pour les énergies durables, par exemple l’implantation d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques sur les écrans antibruit le long des autoroutes, la cogénération par laquelle la chaleur issue de la production d’électricité est utilement récupérée. Ces recherches scientifiques doivent se faire dans un cadre de coopération au sein de l’Union européenne.
d) Epargnez l’environnement et votre porte-monnaie.
L’Alliance Belge souhaite accorder des primes substantielles à toutes les personnes désireuses de transformer leur habitation en maison économique en matière d’énergie. Il est ainsi possible d’octroyer des primes énergétiques aux familles qui font réaliser un audit énergétique de leur habitation et qui prennent des mesures rentables en vue de réduire les gaspillages énergétiques, de remplacer le chauffage ou les chauffe-eau électriques par des appareils au gaz ou d’isoler toute leur habitation. Les nouvelles constructions doivent répondre aux normes de prestations énergétiques. Des subventions peuvent être octroyées pour l’installation de pare-soleil dans des bâtiments existants comme alternative à la climatisation. Les autorités se doivent de montrer l’exemple en réduisant drastiquement la consommation d’énergie dans leurs bâtiments et services.
Bien que le déboisement ait été stoppé ces dernières années en Belgique, l’Alliance Belge souhaite une augmentation du nombre de zones naturelles et de forêts. La Belgique doit poursuivre son « reverdissement » au cours des cinq prochaines années:
Pour ce faire, il convient de subventionner des projets créatifs permettant la création de davantage de zones vertes. L’Alliance Belge souhaite une sécurité juridique accrue par le biais d’une meilleure délimitation des aires d’aménagement du territoire, avec entre autres la délimitation des zones écologiques. Nous entendons poursuivre la politique d’achat de zones naturelles et de zones boisées, en concertation avec les associations de protection de la nature privées et les volontaires, lors de l’achat et de la gestion. L’Alliance Belge souhaite maintenir les zones inondables qui nous protègent contre les inondations et qui servent en même temps de zones d’agriculture extensive, de zones récréatives et de zones naturelles. Le risque d’inondation augmente lorsque l’eau n’a pas la possibilité de pénétrer dans le sol. C’est pourquoi il convient d’établir une réglementation visant à rendre les grandes zones asphaltées telles que les parkings plus perméables à l’eau. L’Alliance Belge entend améliorer considérablement la qualité de nos eaux de surface et de nos nappes phréatiques. Nous souhaitons ainsi promouvoir des projets d’épuration à petite échelle, lorsque par exemple votre maison n’est pas encore raccordée aux égouts. L’Alliance Belge entend conserver la biodiversité : les espèces végétales et animales indigènes ne peuvent être supplantées par d’autres espèces.
e) Economie.
L’activité économique est la source de toute prospérité. Veiller à donner les coudées franches à l’entreprenariat et à l’innovation est la meilleure politique sociale qui soit et la manière la moins onéreuse de créer de l’emploi. L’entreprenariat génère dans une économie de marché la plus-value la plus élevée. Une économie de marché qui fonctionne correctement permet la concurrence et par conséquent, une diminution des prix et un accroissement de la qualité des produits et des services. Toutes les restrictions inutiles à l’activité économique doivent disparaître. Il convient de proscrire toute forme de monopole, d’intégration verticale provoquant une distorsion du marché ou de cartel. Les autres freins à l’économie de marché tels que les lois d’établissement corporatistes, le numérus clausus mis en place pour l’accès à certaines professions, les limitations quant aux heures d’ouverture et les règles restrictives en matière de prix et de soldes, doivent également être supprimés. Les autorités doivent assouplir la législation pour les entrepreneurs débutants.
La créativité et l’innovation sont des atouts essentiels dans notre monde globalisé. La diminution et la simplification de l’impôt la réduction du nombre d’autres charges stimulent l’innovation au sein de nos entreprises. Les autorités doivent encourager les entreprises à investir dans la recherche, comme la création et l’accompagnement des sociétés spin-off. Nous devons faire le choix des nouvelles technologies, elles offrent, en effet, une plus grande plus-value sociale.
Le libre-échange est encore insuffisant dans de larges pans importants de notre économie. C’est pourquoi les besoins de soins accrus dans une société vieillissante sont encore insuffisamment rencontrés (garde d’enfants, accueil des personnes âgées,…).
Des autorités orientées vers le client doivent être au service des citoyens, de la société et de l’économie, et non l’inverse. Les services qu’elles fournissent aux citoyens et aux entreprises doivent, par conséquent, être de qualité, efficaces, accessibles et fiables pour tous. Les principales tâches économiques des autorités ont essentiellement trait au maintien de l’ordre judiciaire, au développement ou à la régulation des activités économiques qu’une économie de marché ne peut pas ou pas suffisamment assurer en raison de défaillances du marché et à la fourniture de biens collectifs au profit de tous. Les autorités se limitent à ses tâches principales. Les niveaux de pouvoir inutiles doivent disparaître, mais l’économie de marché n’est pas toujours la panacée et ne règle pas automatiquement tous les problèmes, ainsi la SNCB, La Poste, La Loterie nationale et la STIB-MIVB, les TEC et De Lijn ne peuvent PAS être privatisées. En effet, la privatisation des chemins de fer au Royaume –Uni s’est avérée être un véritable un fiasco. Non seulement le confort des voyageurs a considérablement diminué, mais leur sécurité ne pouvait plus être assurée.
Toutefois, l’opposition entreprises privées efficaces et entreprises publiques bureaucratiques s’avère être une caricature de la réalité. L’histoire récente nous a montré que les entreprises privées sont parfois mal gérées et qu’elles peuvent également faire faillite en un clin d’œil. L’appât du gain a souvent pris des proportions malsaines. La dictature de la bourse contraint à des licenciements massifs ou mène à des fraudes sans précédent.
f) Mobilité.
En établissant des cités administratives dans tous les chefs-lieux de province, d’une part, et en restructurant le transport des marchandises, d’autre part, il devrait être possible d’alléger le trafic sur nos routes. Nous songeons à élaborer une solution permettant d’effectuer le transport de marchandises en partie par le rail, les voies navigables et éventuellement, des tunnels, sur le modèle suisse.