A la suite des attentats

woensdag, 30 maart, 2016

La présidente réélue de l’Open VLD Gwendolyn Rutten a déclaré à la suite des attentats : "Nous connaissons des dispersions à de nombreux niveaux : administratif, des services opérant indépendamment les uns des autres, de nombreux niveaux de pouvoirs différents". Ce qu’il faut : collaborer. Cela arrive trop rarement. On constate que l’information est souvent connue, que le système fonctionne bien mais que cette information ne parvient pas où elle doit être et que personne ne collabore. On sait souvent ce qui se passe mais l’information n’est pas suffisamment partagée. Il est impossible d’intervenir de manière adéquate dans ces conditions." Ce constat ne concerne pas uniquement les services et niveaux de pouvoir nationaux, mais également l’Europe et les services de renseignement d’après Rutten : "L’information est souvent disponible auprès d’un service de renseignement étranger mais ne parvient pas où elle le doit."

Comme le mentionnait le professeur Paul Scheffer plus tôt cette semaine : "La Belgique est l’Europe en miniature". Il est clair que la construction européenne doive encore être réalisée à de nombreux niveaux. Le fait que 28 pays membres, connaissant chacun une structure propre, essaient de collaborer représente un objectif trop complexe et ne fonctionne pas efficacement. Les structures doivent être harmonisées et simplifiées. On en est arrivé, et c’est très grave, à devoir comparer la Belgique à une entité supranationale de 28 états membres (!) tant la complexité que connaît ce beau petit pays n’est qu’une conséquence de choix politiques passés ; un choix conscient et même une stratégie.

Ce ne sont pas les citoyens qui ont choisi. Les citoyens belges ont d’ailleurs toujours été exclus au nom de divers principes plus ou moins douteux : la démocratie de pacification œuvrant à huis clos (lire : négociations entre présidents de partis), la pilarisation et surtout la représentativité très exagérée des mouvements flamand et wallon après la Seconde Guerre Mondiale. La dernière trouvaille géniale a été de vider le suffrage universel de sa substance en fractionnant les élections sur base technico-linguistique. La population n’a été impliquée formellement que via le principe du vote obligatoire, que le citoyen soit pour ou contre la fédéralisation du pays. Il n’est pas étonnant, comme le démontre les études et les sondages année après année, que le communautaire ne soit pas la principale préoccupation de la population, bien au contraire. Cela n’empêche malheureusement pas les partis d’entamer une nouvelle phase de la réforme de l’État après chaque élection.

Dans son livre "Het Tweede Burgermanifest, de weg naar politieke vernieuwing" (Le deuxième manifeste citoyen, la route vers le renouvellement politique) concernant l’attraction de travailleurs wallons (à bas prix) en Flandre, l’ancien président de l’Open VLD Guy Verhofstadt saluait déjà dans les années 1990 la complexité d’une structure de l’État : par la stimulation de la concurrence fiscale entre les différentes régions. Un exemple complémentaire : l’Open VLD désirait dans les années 2008-2010 "laisser la compétence en matière de chômage structurel (c’est-à-dire le chômage jusque 2 ans) au pouvoir fédéral. Le dit chômage structurel est, par la suite, devenu une compétence régionale"….

La présidente réélue de l’Open VLD Gwendolyn Rutten a encore déclaré à la suite des attentats: "Nous vivons dans un pays très divisé et devons peut-être nous demander si cette fragmentation est toujours censée". Le VLD ou l’Open VLD ou le PVV ont participé à complexifier la structure étatique ces dernières décennies. Nous entendons volontiers ces déclarations mais craignons qu’il ne s’agisse que de pure récupération politique non crédible. Le citoyen reçoit les nombreuses réformes de l’État inutiles et coûteuses dans le visage, à l’image d’un boomerang. Cela est carrément scandaleux. « Ou dit autrement : le PVV nouveau est arrivé".