L'indifférence Pathétique

Jeudi, 31 Mars, 2016

Le Premier ministre Michel a déclaré pendant le journal sur « één » : « Une nouvelle réforme institutionnelle n’est sûrement pas la priorité à court terme. Certainement pas au cours de cette législature, nous verrons ensuite ce qu’il y a lieu de faire ».

Passons les choses calmement en revue : assurance soins seulement dans certaines régions du pays, allocations familiales scindées, tarifs non seulement en fonction du notaire mais encore de la région, absence d’un abonnement unique pour les transports en commun, application de différentes législations PEB, constitution flamande et constitution wallonne en devenir, commémorations distinctes des guerres mondiales, impossibilité de choisir des politiciens sur l’ensemble du territoire du Royaume, morcellement des compétences policières à Bruxelles, manque de hiérarchie des normes, seuil électoral, tourismes flamand et wallon mais pas belge, manque de politique culturelle nationale, nombre considérable de comités et de commissions de concertation et de réunions de coordination, représentants flamands et wallons à l’étranger, normes de bruit autour des vols de nuit, plus de 50 ministres et secrétaires d’État, plus de 500 représentants du peuple et sénateurs, 11 gouverneurs de province, 60 députés, les plus de 700 conseillers provinciaux, 4 ministres en charge de la mobilité, 4 ministres chargés de l’environnement, …

Dernier fait divers : le péage routier pour les camions de plus de 3,5 T a été introduit le 1er avril. Ce péage s’accompagne d’une énorme utilisation de papier : comme si envoyer une facture pour chaque camion 2 fois par mois n’était pas suffisant, celles-ci sont encore subdivisées en trois parties : une wallonne, une flamande et une bruxelloise. En d’autres mots : des centaines de factures supplémentaires à traiter pour une entreprise moyenne. Les différentes régions appliquent de plus des tarifs différents…

La liste est sans fin.

Le Premier ministre continue : « La commission d’enquête offre un espace démocratique pour clarifier la situation ».

Une commission d’enquête se compose de parlementaires. Ces derniers sont membres de partis politiques. Cela fait déjà un certain temps que les parlementaires suivent docilement les responsables de leur parti. Chaque direction de parti est dirigée par son président. Ce sont justement les présidents des partis politiques traditionnels et moins traditionnels qui ont décidé des réformes de l’État, lire la division des compétences (CD&V, Groen, N-VA, Open VLD, sp.a, ECOLO, PS, MR, FDF , VU, SPIRIT, cdH et harcelés par d’autres depuis les coulisses : N-VA, LDD, Vlaams Belang, ...).

Les réformes de l’État successives ont en effet partagé les compétences jusqu’à l’absurde. Résultat : moins d’unité entre tous les Belges, moins de solidarité entre tous les Belges, plus de complexité, des structures et des organes non seulement plus onéreux mais encore moins efficaces.

Cher Premier ministre, de quelle manière êtes-vous encore certain de votre théorie selon laquelle vous pourrez définir ce qui est indispensable au plus tôt après cette législature ?