La politique antidopage Belge

Lundi, 23 Novembre, 2015

La Belgique, comme plusieurs autres pays, a reçu un rapport négatif de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Notre pays a jusqu’au mois de mars 2016 pour se mettre en ordre, a annoncé l’AMA mercredi 19 nov 2015. Cela signifie que les règles de l'AMA ne sont pas correctement appliquées. Andorre, Israël, l'Argentine, la Bolivie et l'Ukraine ont été placés dans ce cas, à l'instar de la Russie. Ces pays peuvent craindre des sanctions (Belga). La raison invoquée pour la Belgique est la suivante : de par la structure de notre état , la Communauté germanophone ainsi que la Commission communautaire commune (COCOM) ne sont pas encore en conformité avec les règles de l’Agence mondiale antidopage (https://www.wada-ama.org) .

Heureusement, nous ne pouvons pas comparer notre lutte contre le dopage avec la situation du dopage en Fédération de Russie, mais il est signifiant qu'un magnifique petit pays comme le nôtre, parvienne à être sur cette liste, de part sa structure étatique. À la suite des transferts de compétences de la politique culturelle vers les Communautés (germanophone, française et flamande), la gestion du domaine "sport" est devenue une compétence régionale. Le dopage est resté jusqu'en en 1980 du ressort fédéral au sein du ministère de Santé publique. Depuis 1989, Région Bruxelles Capitale , via la Commission communautaire commune (COCOM) est devenue compétente pour des matières comme la culture, l'éducation, le sport et l'aide aux personnes sur le territoire de Bruxelles-Capitale.

Sur le site de l'AMA, on peut trouver un listing reprenant toutes les agences nationales antidopage, chaque pays n' est donc mentionné qu'une seule fois. Fait incroyable, la Belgique est représentée par quatre instances (voir aussi page ci dessous):
Ø Belgium (Brussels): Joint Communities Commission
Ø Belgium (Flanders): NADO Flanders
Ø Belgium (French Community): French Community of Belgium NADO
Ø Belgium (German Community): Ministerium der Deutschsprachigen Gemeinschaft Belgiens
Belgique Commission communautaire commune de Bruxelles-Capitale
Belgique ONAD de Flandres
Belgique ONAD Communauté française de Belgique
Belgique ONAD Communauté allemande de Belgique

Sur le site, on a aussi une liste de partenariats dont les régions sont appelées «organisations antidopage régionales" (ORAD). On pourrait penser que d'autres types de subdivisions nationales seraient représentées et que la quadruple représentation de l'état Belgique ne serait donc pas unique. Rien n'est pourtant être moins vrai. Ce sont des pays qui se sont associés en régions internationales et ont donc décidé de travailler ensemble. Dans le reste du monde, il a été reconnu qu'il est plus efficace et qu'il vaut mieux que les pays coopèrent au niveau d'une région géographique sans diviser l'intérêt entre chaque pays. Ces organisations régionales travaillent au sein l'AMA et ce sans que les structures nationales soient sabordées.

La politique anti-dopage serait-elle dépendante d'un régime linguistique ?

Philippe Muyters, ministre des Sports de la Communauté flamande: "“Dopingbestrijding kan immers maar efficiënt zijn als ze internationaal wordt toegepast. Doel van ons beleid is de cleane sporter te beschermen en te zorgen voor gezonde sportbeoefening, zowel in topsport als in alle andere vormen van sportbeleving. Door de creativiteit van de zondaars moeten we strenger en slimmer zijn, maar wel zonder onze menselijkheid los te laten.”

Au sein de la Communauté française « Fédération Wallonie-Bruxelles », la mission est définie comme suit: “En collaboration avec les autres Communautés du pays, nous veillons à prévenir et à détecter l’utilisation de substances ou méthodes interdites dans la pratique du sport sur son territoire. La lutte contre le dopage vise à défendre un sport propre, intègre et fair play, il constitue un danger pour la santé des sportifs. Si certains effets ne sont visibles qu’à court terme, les conséquences sur l’organisme peuvent quant à elles rester présentes à vie. Le dopage nuit à l’image et à l’intégrité du sport.“

Sur le site web de la Communauté germanophone, on peut lire :
“Nur mit einem gesunden sportlichen Ehrgeiz kann man auf Dauer Höchstleistungen erzielen. Aber, wenn nur noch ein Sieg zählt, wird schnell die Vernunft ausgeschaltet und stattdessen treten gefährliche Eigenschaften wie Maßlosigkeit und Rücksichtslosigkeit ein. Der Missbrauch von Medikamenten liegt in diesem Stadium leider oft Nahe und so steigt auch die Gefahr, seinem eigenen Körper große Schäden zuzufügen. Aus diesem Grund ist es besonders wichtig, gegen das Doping zu kämpfen.”
http://www.dgsport.be/desktopdefault.aspx/tabid-3283/5995_read-36467/

Le but cependant, pour tout sportif, et ainsi de tout athlète belge serait selon l'AMA, même devrait être: “... protéger le droit fondamental des sportifs de participer à des activités sportives exemptes de dopage, promouvoir la santé et garantir ainsi aux sportifs du monde entier l’équité et l’égalité dans le sport...”

Est-ce que l'usage d'une langue modifie les valeurs et les normes ? Est-ce le régime linguistique qui rend la lutte antidopage plus efficace? La barrière linguistique rend-elle le dopage moins dangereux? Ne devons -nous pas être partout sur notre territoire plus efficaces et intelligents que les tricheurs ? Ou les fraudeurs seraient-ils moins créatif en faisant usage d'une langue spécifique? La santé n'est pas elle toujours importante pour chaque Belge?

Avant la création de l'AMA en 1999 et la rédaction du Code de l'AMA en 2003, il y avait un amalgame de définitions et de listes des produits dopants interdits. Chaque organisation sportive, fédération, association internationale et aussi quelques pays ont utilisé une définition différente et liste des produits interdits pour lutter contre le dopage. Ces différences ont été largement éliminés par la création de l'AMA, qui avait l'harmonisation de la politique anti-dopage à l'esprit.

Cependant, comme cela arrive souvent dans notre pays, les compétences
sont cédées puis les commissions, les accords de coopération, les
protocoles et un Comité de consultation sont mis en place. Situations souvent
inefficaces et plus couteuses. Si on prend la peine de prendre de telles
initiatives, on peut tout aussi bien mettre un peu d'énergie et de bonne
volonté à ne pas séparer et à s'écouter les uns les autres. L'exemple
suivant est éloquent: " Accord de coopération entre la Communauté flamande,
la Communauté française, la Communauté germanophone et la Commission
communautaire commune sur la prévention du dopage et le contrôle dans le
sport," (MB 5 Juillet, 2012). La liste des Excellences qui l'ont signée est
également assez impressionnante (!) :

Pour la Communauté flamande: Le Ministre-Président du Gouvernement flamand,
K. Peeters, le ministre flamand des Finances, Budget, du Travail, de l'aménagement et du Sport,
Ph. MUYTERS Pour la Communauté française: Le Ministre-Président du Gouvernement de la Communauté française, R. Demotte, le vice-ministre-président et ministre du budget, des finances et du Sport, A. ANTOINE, la communauté germanophone, le ministre- Président de la Communauté germanophone et le ministre des Collectivités locales, K.-H. Lambertz, ministre de la Culture, des Médias et du Tourisme, Mme I. WEYKMANS, ministre de la Famille, de la Santé et des Affaires sociales, H. Möllers, Pour la Commission communautaire commune, le membre du Collège de la Commission communautaire commune de Bruxelles-Capitale , responsable de la politique de la santé, J.-L. VANRAES, le membre des Etats-Collège de la Commission communautaire commune de Bruxelles-Capitale, chargé de la politique de la santé, B. CEREXHE.

Et de nous demander à chaque fois :
Est-ce que l'usage d'une langue modifie les valeurs et les normes ? Est-ce le régime linguistique qui rend la lutte antidopage plus efficace? La barrière linguistique rend-elle le dopage moins dangereux? Ne devons-nous pas être partout sur notre territoire plus efficaces et intelligents que les tricheurs ? Ou les fraudeurs seraient-ils moins créatif en faisant usage d'une langue spécifique? La santé n'est pas elle toujours pas importante pour chaque Belge?

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